dimanche, 14 juin 2009
Saga de Gisli Sursson
Je ne connais rien à la littérature scandinave et il faut un début à tout. Voici donc Saga de Gisli Sursson qui nous dit la note de l'éditeur "date de la fin du XIIème [et] est l'histoire de Gisli le Bon confronté à un terrible dilemme : trahir son honneur ou venger celui à qui il a juré d'honorer la mémoire. Poursuivi par le malheur, il sème la mort autour de lui et évolue dans une envoûtante atmosphère de solitude et d'abandon. Héros romantique par son caractère trouble et ses nobles désirs, il affrontera une avec sauvage grandeur et une surprenante sagesse l'inexorable rigueur du destin".
Le tout tient en 114 pages et 116 notes expicatives souvent très utiles.
Attention : il ne faut pas se laisser déconcerter par des passages tels que celui-ci au début de cette saga : "Or, Hrafn était le fils de Dyri qui avait colonisé le fjord. [Bjartmarr et Thuridr] avaient des enfants. Leur fille, qui était l'aînée de leurs enfants, s'appelait Hildr ; leurs fils s'appelaient Helgi, Sigurdr et Vestgeirr. Il y avait un Norvégien qui s'appelait Vésteinn. Il était arrivé en Islande à l'épopque de la colonisation et logeait chez Bjartmarr. Il épousa Hildr, la fille de ce dernier. Et peu de temps après qu'ils se furent mariés, ils eurent deux enfants. Leur fille s'appelait Audr, et leur fils, Vésteinn. Vésteinn le Norvégien était le fils de Végeirr, frère de Vébjörn Champion-du-Sogn. Bjartmarr était le fils d'Ann au manteau rouge, fils de Grimr aux joues velues, frère d'Orvar-Oddr fils de Ketill le Saumon, fils de Hallbjörn le Moitié-de-Troll. La mère d'Ann au manteau rouge était Helga, fille d'Ann l'Archer. Vésteinn Vésteinnson devint un excellent marin. Toutefois, il avait une demeure dans l'Onundarfjördr, à Hestr, quand la saga se déroula là."
Euh... comment dire ?... ça peut paraître un peu fastidieux (même si certains noms sont assez amusants). Il faut dépasser celà et se laisser porter par d'autres passages pleins de poésie et marqués par le songe et la magie :
"Il se passa également ceci, que l'on regarda comme une nouveauté, que la neige ne tint jamais sur la terre de Thorgrimr, ni du côté du fjord, ni du côté du sud, et qu'il n'y gela jamais. Et les gens dirent que Thorgrimr était devenu si intime avec Freyr que celui-ci ne voulait pas qu'il gelât entre eux."
Joli, non ?
Pour l'aspect légendaire et le rôle des sorciers :
"La nuit, la vieille ne trouve pas le sommeil, tant elle se sent mal à l'aise. Au-dehors, le temps était froid, calme et serein. La voilà qui tourne plusieurs fois autour de la maison dans le sens contraire du soleil, renifle à toutes les aires du vent et dresse les narines. Et à cause de son manège, le temps se met à changer ; il se fait une grande tempête de neige, suivie d'un dégel important, des trombes d'eau descendent des pentes, un glssement de terrain recouvre la ferme de Bergr, et douze hommes y trouvent la mort : les traces du glissement de terrain se voient encore aujourd'hui."
Mais c'est surtout le statut du héros de cet saga qui m'a intéressé. Il semble tout avoir du héros positif, hanté par des rêves prémonitoires, et pourtant voici ce que nous indique la note 106 : "Le texte dit que Gisli n'était pas gaefumadr. C'est là une des notions les plus importantes dans les sagas. La gaefa, c'est l'espèce de bonne fortune (nous dirions "bonne étoile") qui s'attache personnellement à un homme, indépendamment des dieux et de ses dons propres. Les Islandais avaient - et ont toujours - la plus ferme confiance en cette sorte de vertu innée. Au gaefumadr, tout réussit - tant que la gaefa dure, car on peut la perdre. A celui qui est ogaefumadr, comme Gisli, tout tourne mal, même si, comme c'est précisément le cas, les plus brillantes qualités physiques, intellectuelles et morales ne lui ont pas fait défaut."
Cette explication m'a un peu interpellé alors que le dernier chapitre de cette saga aborde la conversion au christianisme de la femme de Gisli, Audr. Il faudra que j'y réfléchisse !
11:29 Publié dans Littérature scandinave | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : saga, gisli sursson, islande, scandinavie












































