vendredi, 19 octobre 2007
Concert de Jil Caplan

C'est très difficile de parler de Jil Caplan : elle a un fan club absolu qui a déjà tout dit de son amour pour cette artiste. Je ne vois pas trop quelle pierre je pourrais ajouter à un édifice très très solide sans ma participation. Et puis j'ai mon histoire personnelle avec elle : nous avons quasiment le même âge, je l'ai découverte à ses débuts et ses textes m'ont toujours un peu suivi. Il y avait toujours un petit écho de ce qu'elle racontait dans ma vie, alors ça crée des liens. J'aime aussi certains de ses clips et en particulier celui de la chanson Cette fille n'est pas pour toi qui me fait beaucoup d'effet. Mais je n'aime pas tout d'elle : Natalie Wood est une chanson que je déteste par exemple. Le concert devait débuter à 21h avec une première partie, Pascal Danaë. Oui mais voilà, dans le bar où je suis arrivé (puisque le concert avait lieu Chez Paulette), on aime le rugby. J'ai donc eu droit à la diffusion de la petite finale jusqu'à 23h... que je n'ai pas pris la peine de regarder, je suis resté au bar à siroter quelques verres. Vint enfin la première partie : Pascal Danaé : pas mal, belle voix mais sans plus pour moi.
Et puis comment chauffer une salle emplie d'une trentaine de personnes après un match de rugby à nouveau perdu ? Je serais curieux de savoir comment il a pu vivre ce moment de solitude et de défi artistique.
Jil Caplan a fait ensuite son entrée dans une salle à moitié pleine : pour une fois j'ai pu rester tranquillement devant la scène pour la voir de près : miracle ! Elle a changé, un peu vieilli mais mon dieu qu'elle est belle, pétillante, sérieuse, inquiète, rayonnante. Quoi ? J'ai dit "vieilli" ? Et alors ? elle me rappelle cette remarque d'Anna Magnani à une maquilleuse qui essayait de la rajeunir : "Ne cherchez pas à cacher mes rides, mademoiselle. Vous savez, j'ai mis tellement de temps à les avoir". Et sa voix n'a pas bougé, on la reconnait immédiatement. Une phrase... et on sait à qui on a affaire. Elle a fait un peu le tour de sa carrière, que du bonheur. Elle a d'abord commencé par le dernier album avec la chanson Des toutes petites choses qui me touche beaucoup.
C'est un texte qui ne se dévoile pas facilement et c'est ce qui fait tout son charme... il permet les projections.

t eu peu de réservations mais elle est venue avec l'ensemble de ses musiciens (dont le guitariste des Innocents) et a donné un concert d'une grande qualité musicale. J'ai été impressionné par sa prestation sur la chanson On n'entre plus chez toi que j'adore. Il y avait là une très grande émotion.

Grand signe de générosité : nous n'étions pas nombreux mais elle a assuré deux rappels ! Le dernier s'est fait de manière très émouvante sur la chanson Les Moutons, extraite de l'album précédent, comme si c'était à nous qu'elle demandait "Quand reviens-tu ?" un peu à la manière de Barbara.
Une chose est sûre : je reviendrai.

05:00 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Jil Caplan, Pascal Danaë
jeudi, 18 octobre 2007
Concert de Richard Galliano

Autant le dire tout de suite, je n'y connais absolument rien en jazz et quand je choisis d'aller voir un concert, dans le cadre du NJP de Nancy, c'est toujours un peu au hasard. Je ne connaissais absolument pas Hamilton de Holanda, par exemple.
J'ai donc vu arriver sur scène un brésilien d'une trentaine d'années qui s'est installé avec une mandoline... et c'est tout ! Je l'avoue, question mandoline, j'en suis un peu resté à celle qui est utilisée dans la chanson du restaurant de La Belle et le Clochard voire celle qu'on utilise en cuisine. Je m'attendais à beaucoup de choses mais certainement pas à l'émotion que j'ai pu ressentir pendant ce concert incroyable. En fait, j'avais mal entendu la présentation qui avait été faite : il ne s'agissait pas de mandoline mais de bandolim, une petite guitarre typique. Bref, c'était à croire que tout un orchestre s'était camouflé dans le petit instrument (des pianos, des violons, des clavecins, une batterie et j'en passe) et j'ai vraiment eu l'impression d'avoir un virtuose devant moi alors que je ne connais rien des capacités de cet instrument. Nous avons eu droit à différentes reprises : Baden Powell, la BO du film Cinéma Paradiso (pour ce que j'ai retenu de ce qu'il a annoncé avec un accent délicieux) ainsi qu'à des compositions personnelles. Même pendant l'exécution des morceaux très virtuoses, le musicien gardait un rapport très sensuel à son instrument magique qu'il a brandi au salut final comme pour nous dire, avec modestie, que c'était bien lui la vedette. Quoi qu'il en soit, je vais tâcher de me procurer très vite un de ses CD.
Pour Richard Galliano je ne savais que peu de choses également et j'avais dans l'esprit des idées comme "grand accordéoniste français qu'il faut voir parce qu'il a collaboré avec de grands artistes".
Confirmation au cours du concert : il a travaillé avec Barbara, Claude Nougaro, par exemple, dont il a joué le morceau Vie, violence, absolument magifique. Un hommage a également été rendu à Astor Piazzola. il était entouré d'un violoniste, un contrebassiste, un percussioniste. Tous ont eu une place durant le concert, un moment où ils ont pu montrer l'étendue de leurs talents. Je crois que je vais m'abstenir de parler de ce grand artiste tant les sites, les critiques, les louanges le concernant sont nombreuses. Je veux simplement dire que ce soir-là, alors que je n'y connais rien dans ce genre musical, j'ai eu le sentiment de me trouver face à de vrais artistes, modestes, accessibles, des artistes qui ouvrent l'esprit et l'intelligence du coeur.
04:10 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Richard Galliano, Hamilton de Holanda
jeudi, 11 octobre 2007
Biyouna et Brigitte Fontaine
Dans le cadre du Nancy Jazz Pulsations 2007, je suis allé voir les concerts de Biyouna et de Brigitte Fontaine. Le problème avec les concerts en semaine, c'est qu'il faut parfois une bonne dose de motivation pour résister à l'envie de rester chez soi après une grosse journée de travail. Je ne connaissais pas vraiment Biyouna et je ne l'avais vue qu'en tant qu'actrice dans le film Le Harem de Mme Osmane où elle interprétait le rôle d'une demi timbrée si mes souvenirs sont bons (le film date de 2000) ; elle m'avait fait cependant une très forte impression avec sa voix cassée et cette participation à un film qui proposait une représentation assez décalée de la femme algérienne, un peu façon Almodovar.
Il me semblait par ailleurs me souvenir vaguement, que de son côté, en Algérie, elle avait milité pour la condition de la femme. Elle avait durant ce concert cette voix très particulière et très agréable. Mais vu mon état de fatigue, il m'a semblé que tout ça ne bougeait pas assez et que, par ailleurs, la salle ne me semblait pas très adaptée, avec ses places assises, pour danser un peu. En plus, j'ignore si Biyouna a des problèmes de mémoire (ce qui, avec sa voix, lui ferait quasiment un autre point commun avec Annie Girardot !), mais elle a lu ses textes pendant une bonne partie du spectacle. Celà refroidissait un peu l'ambiance qui perdait en spontanéité. Quelques surprises cependant venues de morceaux auxquels je ne m'attendais pas. Biyouna a repris, en effet, des des chansons qui ont marqué sa vie et, parmi elles, une chanson de Christophe, et surtout, "Demain tu te maries" de Patricia Carli dans une version à la fois sérieuse et décalée qui m'a bien fait plaisir.
Pour ce qui concerne la grande Brigitte Fontaine, aucune déception, elle tient toujours magistralement la route. J'avais rarement vu une salle aussi recueillie en particulier au moment où elle a interprété La Symphonie pastorale accompagnée du seul piano à queue (combien de fois ai-je essayé de jouer ce morceau sur mon petit piano droit ?).Un instant magique pendant lequel la salle entière a semblé pétrifiée dans l'écoute, suspendue. Le fait même de regarder ces gens immobiles était presque un sacrilège, une indécence, tant il semblait que chacun avait à ce moment un rapport très intime avec l'artiste et qu'à titre personnel il m'est apparu que je parasitais mon propre lien avec elle. Et peut-être en effet que je tentais par là d'échapper aux sentiments un peu trop forts que j'éprouvais.

Toute de noir vêtue, Issei Miyake comme d'habitude, elle arborait une coupe longue au carré, comme la portait la Juliette Gréco de St Germain des Prés, histoire de s'inscrire dans la figure de la grande poétesse, frôlant toujours un peu la caricature sans jamais y tomber tant elle semble avoir de distance par rapport à son personnage. Mais c'est plutôt dans sa propre histoire, dans celle que nous avons avec elle et dans celle que nous avons avec le monde qui nous entoure, qu'elle a cherché à s'inscrire. Au cours de sa prestation, en effet, elle a plus repris les grands titres de son répertoire que ceux de son dernier album (qui ne m'a pas vraiment bouleversé, je dois bien le dire). Le nougat, les Zazous ont séduit un public conquis d'avance... et tout ça m'a bien remis en forme. De plus, la grande dame a quelque peu modifié le contenu de sa chanson La radio pour lui donner une connotation plus liée à la situation politique et sociale actuelle. Et la salle d'applaudir à tout rompre. Voilà au moins une artiste qui montre qu'il ne suffit pas d'un bel emballage pour un concert mais qu'il faut une vraie présence, ce qu'elle a, indéniablement, et surtout un vrai contenu dans la manière de faire coïncider des textes qui datent et une actualité brûlante. Je ne vois même pas pourquoi j'en parle ! Alors, c'est vrai que Fontaine est peut-être la Gréco des Bobos mais tant pis, ça vaut la peine de la voir... que dis-je "la peine" ? le coup de la voir... un coup dans la gueule...et, sutout, un coup à sa santé.
Pour conclure, ma chanson préférée d'elle... elle s'intitule "Je suis décadente", elle date un peu mais elle me fait beaucoup rire. Par ailleurs, elle rejoint un peu le thème abordé par Muriel Barbery dans L'Elégance du hérisson dont la critique rapide est sur ce blog.

18:00 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Brigitte Fontaine, Biyouna











































